M-POX : La PH-RDC accompagne et capitalise les expériences sur les pratiques de PCI dans 5 de ses hôpitaux de Kinshasa avec l’appui d’Enabel

La PH-RDC met en œuvre avec l’appui financier d’Enabel depuis le mois de Mars dernier, un projet de renforcement des pratiques de la Prévention et Contrôle des Infections dans cinq de ses structures hospitalières qui bénéficient aussi de financement Enabel. Il s’agit de l’Hôpital Saint Joseph de Kinshasa, la Clinique Bondeko, le Centre de Médecin Mixte et Anémie SS, le Centre Vijana ainsi que l’Hôpital de Matete.

Ce projet dont l’objectif est de contribuer aux efforts de la riposte à l’épidémie de M-pox pour un système de santé renforcé en RDC, s’appuie essentiellement sur deux approches à savoir : l’accompagnement et la capitalisation des expériences des hôpitaux ciblés dans pratiques en matière de la PCI.

Ce projet a été lancé avec succès après l’accréditation de ses activités par l’autorité provinciale de la santé, la DPS, lors d’un atelier organisé en date du 14 Mars à la salle de réunion de Memisa Belgique. Chaque semaine, les experts en PCI de la PH-RDC reparties en équipe, effectuent des visites d’accompagnement au sein de ces structures hospitalières à l’issue desquelles, ils donnent conseils, orientations et recommandations à leurs personnels chargés de la PCI e d’hygiène et  procèdent à la collecte d’informations susceptibles à la documentation à travers des entretiens individuels et collectifs.

Signalons qu’à la fin de ce projet, la PH-RDC devra produire un « document de capitalisation » sur la dynamique PCI, décrivant les facteurs de succès et d’entraves, ainsi que les bonnes pratiques pour une stratégie PCI fonctionnelle et viable dans les cinq structures hospitalières ciblées. Et qui servira  de référence pour leurs géniteurs comme pour d’autres dans des circonstances similaires.

Pour rappel, depuis mai 2022, une épidémie mondiale de M-pox due au MPXV clade IIb est en cours, avec des modes de transmission uniquement interhumaine dont la majorité par contact sexuel, indiquant une nouvelle dynamique émergente.

A l’échelle mondiale, plus de 96% de cas notifiés l’ont été chez les hommes, avec peu de femmes ou enfant touchés, et la grande majorité ont signalé une exposition par contact sexuel avec d’autres hommes. Actuellement, OMS considère l’épidémie mondiale du M-pox comme une urgence sanitaire prolongée de niveau 2, sur les trois niveaux possibles.

Dans la région africaine, dix pays ont signalé des cas en 2022 et 2023 : l’Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, la République du Congo, le Ghana, le Liberia, le Mozambique, le Nigéria, la République Centrafrique, (RCA), et la RDC, avec la majorité des cas signalés par le Nigéria et la RDC.

En RDC, l’augmentation de la notification vers décembre 2022, avec une tendance à la hausse en 2023 avec 14.626 cas suspects notifiés et 654 décès soit une létalité de 4,46% contrairement à l’année 2021 où seulement 2.933 cas suspects et 81 décès (2,7% de la létalité) avaient été notifiés pour l’ensemble du pays. En 2022 : 5.677 cas suspects et 213 décès enregistrés soit une létalité de 3,7%. Le ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévention (MSPHP), avait ainsi déclaré l’épidémie de M-pox au niveau national.

En 2024, la situation du M-pox s’est considérablement aggravée. La maladie a touché 22 des 26 provinces du pays jusqu’au 11 septembre 2024, représentant environ 85% des provinces. Et 42% des zones de santé. Cette exacerbation est due à plusieurs facteurs notamment l’expansion géographique rapide de l’épidémie, qui touche désormais des zones auparavant exemptes de cas. Des provinces comme Kinshasa, Sud-Kivu et Lualaba qui n’avaient jamais signalé de cas auparavant, ont été gravement affectées. De plus, la transmission sexuelle, en particulier au sein des populations à risque a également contribué à la propagation rapide du virus.

Pour faire face à cette situation alarmante, le Gouvernement de la RDC a mis en place un plan national multisectoriel de riposte que tous les acteurs du secteur de la santé sont appelés à converger leurs efforts pour renforcer les différentes actions de riposte. Enabel intervient ainsi en appuyant les actions du gouvernement congolais dans les provinces de ses interventions.

A Kinshasa particulièrement, Enabel apporte son appui à travers la DPS, aux actions de riposte, notamment en apportant un appui financier aux activités de formations des prestataires, l’octroi de Kits, la mise en place des CT-Mpox, etc.

La PH-RDC quant à elle, apporte un appui technique aux hôpitaux dans la réalisation de leur mandat d’offre des soins de qualité et qui soient accessibles à la population, avec une attention particulière aux groupes vulnérables. Les différents appuis que reçoivent les hôpitaux sont autant d’opportunités pour eux, pour renforcer davantage leurs pratiques en matière de PCI, l’hygiène, à côté de toutes les actions de prise en charge et de riposte.  Les expériences seront inédites et plusieurs facteurs internes et externes à chaque hôpital influenceront d’une façon ou d’une autre la dynamique PCI au sein des hôpitaux. Chaque hôpital expérimente ces appuis PCI et cette riposte de façon plus ou moins inédite ; cependant, très peu de ces expériences ne remontent pour être partagées et servir de référence pour leurs géniteurs comme pour d’autres dans des circonstances similaires.

La PH-RDC, dans son rôle de d’appui technique, propose de contribuer dans cette riposte à travers un accompagnement des hôpitaux bénéficiaires de financement Enabel, en vue de garantir l’effectivité de la dynamique PCI et l’appropriation, pour enfin documenter à travers un document de capitalisation, les processus et les bonnes pratiques des hôpitaux dans la PCI.